Ostéotomie mandibulaire

Durée de l’intervention : 1h30 à 2h00
Type d’anesthésie : générale
Convalescence : 10 jours à 2 semaines
Tarif : 1500 à 2000 €
Durée de l’intervention : 1h30 à 2h00
Type d’anesthésie : générale
Convalescence : 10 jours à 2 semaines
Tarif : 1500 à 2000 €
Le but de l’ostéotomie mandibulaire est de repositionner la mâchoire inférieure au cours d’une intervention chirurgicale, afin de remédier à un défaut fonctionnel et esthétique. Il faut quelques mois pour observer le résultat final de cet acte peu douloureux et très efficace dans l’immense majorité des cas.
Qu'est-ce qu’une ostéotomie mandibulaire ?
On appelle « ostéotomie » une intervention chirurgicale au cours de laquelle un os est d’abord sectionné pour être ensuite repositionné. Lorsqu’il s’agit de chirurgie orthognathique, l’ostéotomie peut notamment concerner la mandibule (mâchoire inférieure), seul os mobile du crâne, afin d’en modifier la position par rapport au maxillaire (mâchoire supérieure) et au reste du squelette du massif facial. Lors de l'intervention, les articulations temporo-mandibulaires sont respectées et seul la portion dite "dentée" est mobilisée.
Cette opération est aussi appelée « ostéotomie sagittale des branches montantes », puisque ce sont ces dernières, parties de l’os remontant de chaque côté vers la mâchoire supérieure, qui en sont la cible. Ainsi, on obtient de bons rapports dentaires et une amélioration esthétique.
A qui s'adresse l’ostéotomie mandibulaire ?
Seuls les patients ayant terminé ou presque leur croissance peuvent être traités par ostéotomie mandibulaire. Il serait en effet totalement inapproprié de réaliser une chirurgie de la mâchoire inférieure sur des portions osseuses encore amenées à changer de forme et de dimensions au cours du développement de l’organisme. Les causes du défaut à corriger varient selon les sujets. Il peut être d’origine congénitale, traumatique ou dû à un trouble de la croissance.
Esthétiquement, un mauvais positionnement de la mandibule peut notamment donner l’impression que le menton est localisé trop en avant, progénie, ou, à l’inverse, pas assez, rétrogénie. D’un point de vue fonctionnel, l’ostéotomie mandibulaire est réalisée pour résoudre des problèmes dentaires : malocclusion, déchaussement ou usure prématurée de certaines dents et difficultés rencontrées pour la mise en place d’implants ou de prothèses.
Cette intervention peut aussi être effectuée lorsque la mauvaise position de la mandibule induit des problèmes d’élocution, de mastication, ou encore des troubles de la ventilation. Enfin, elle s’adresse parfois aussi à des patients souffrant de douleurs (faciales, cervicales ou temporales) dues à un dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire.
Déroulement de l’ostéotomie mandibulaire
Consultation
Le cycle préopératoire est essentiel, pour poser un diagnostic précis et établir une stratégie chirurgicale parfaitement adaptée au patient. En premier lieu, la consultation avec le praticien permet d’apprécier l’état général de la denture et de repérer les défauts esthétiques, de face comme de profil. L’existence d’éventuels troubles fonctionnels (respiration, élocution, déglutition, mastication…) est aussi recherchée.
Cet examen clinique est ensuite complété par des clichés d’imagerie médicale (radiographies la plupart du temps et/ou scanner du massif facial), notamment pour étudier la position des arcades dentaires par rapport au crâne.
C’est sur la base de l’ensemble des informations recueillies que sont alors décidés les gestes opératoires à réaliser. Ils sont fréquemment simulés grâce à un modèle des mâchoires du patient, autrefois en plâtre mais aujourd’hui plus souvent numérique.
Se préparer à une ostéotomie mandibulaire
La préparation à une chirurgie orthognathique consiste en premier lieu en un traitement orthodontique, pour repositionner les dents en prévision de la future intervention. Il dure de 6 à 18 mois et les améliorations apportées ne sont pas immédiatement ressenties par le patient. En effet, c’est surtout après l’intervention que le bon alignement des dents les unes par rapport aux autres sera évident. Par ailleurs, il est parfois nécessaire de procéder au retrait des dents de sagesse ou parfois des prémolaires.
Une fois cette phase d’orthodontie terminée, une nouvelle rencontre avec le chirurgien orthognathique est nécessaire. Le but est de s’assurer que la stratégie opératoire établie quelques mois auparavant reste adaptée au nouvel état de la denture ou, si nécessaire, de réajuster les gestes chirurgicaux à réaliser.
Enfin, une ostéotomie mandibulaire nécessitant forcément une anesthésie générale, une rencontre avec l’anesthésiste doit être planifiée.
L'intervention
La durée totale de l’intervention varie de 90 minutes à 3 heures, en fonction de l’étendue du travail à réaliser. En effet, il faut parfois procéder à une ostéotomie maxillo-mandibulaire et/ou à une génioplastie. Dans la majeure partie des cas, les incisions nécessaires sont localisées à l’intérieur de la bouche du patient et il s’agit donc d’un traitement chirurgical qui n’induit aucunes cicatrices visibles. Parfois, lorsqu’il est nécessaire de pratiquer des incisions externes, elles sont alors réalisées à l’arrière des joues et sont minuscules, de l’ordre de 4 ou 5 millimètres.
Après avoir sectionné les branches montantes mandibulaires, le chirurgien utilise du matériel d’ostéosynthèse pour les fixer dans la bonne position. Il s’agit de petites plaques en titane vissées sur les structures osseuses. Leur présence n’est pas détectable visuellement et, en fonction des préférences du patient et de l’avis du praticien, elles peuvent être conservées à vie ou retirées dans l’année qui suit l’opération.
Les incisions réalisées en début d’opération sont ensuite refermées grâce à des fils résorbables. Il est alors fréquent que le chirurgien bloque les mâchoires supérieure et inférieure, en posant des élastiques qui empêchent le patient d’ouvrir la bouche. On parle de blocage "intermaxillaire" ou maxillo-mandibulaire et cette phase se limite généralement à quelques jours, au cours desquelles l’alimentation ne peut alors se faire que sous forme liquide.
Les suites opératoires de l’ostéotomie mandibulaire
Quelle que soit l’ampleur de l’intervention, une hospitalisation de quelques jours est toujours nécessaire. Elle est ensuite suivie d’un arrêt de travail. Sa durée est d’environ 4 semaines dans le cas d’activité professionnelle sédentaire, parfois étendue à 2 mois si le métier du patient est plus exigeant physiquement.
L’apparition d’ecchymoses au niveau des joues et du cou est un phénomène classique, tout comme la formation d’œdèmes sur les mêmes zones. Ils s’atténuent rapidement la première semaine mais mettent environ 1 mois pour disparaître totalement, aidés en cela par l’application de compresses glacées ou de glace enveloppée dans un linge.
Bien que le fait de pratiquer des sections osseuses impressionne de nombreux patients, l’intervention n’induit pourtant que de très légères douleurs. Celles-ci sont facilement atténuées par les antalgiques prescrits, d’abord sous voie intraveineuse pendant 24 à 48h, puis orale les 10 ou 15 jours qui suivent. Le traitement post-opératoire inclut aussi des antibiotiques pour maîtriser le risque infectieux inhérent à toute intervention chirurgicale, des anti-inflammatoires et des bains de bouche.
Le suivi post-opératoire commence dès le lendemain de l’opération, jour où sont réalisées des radiographies de contrôle. Il est ensuite assuré par le praticien au cours de consultations organisées à 15 jours, 2 mois et 6 mois après l’intervention. Le patient doit ensuite revoir le médecin après 1 et 2 ans.
Au cours de la phase post-opératoire, c’est le praticien qui rythme la reprise des activités sportives. Les sports doux peuvent classiquement être pratiqués après 1 mois (natation, marche…) mais il faut attendre davantage pour les activités plus intenses comme la course à pied ou les sports de raquette. Enfin, lorsqu’il existe un risque de choc important (rugby, basket, sports de combat…), un arrêt d’au moins 3 mois est nécessaire.
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Risques et complications de l’ostéotomie mandibulaire
Comme tout acte chirurgical, il existe des risques pendant et après l’intervention. Cependant, les complications de l’ostéotomie mandibulaire restent rarissimes. En premier lieu, le risque hémorragique peropératoire est faible, notamment parce qu’un bilan de coagulation est toujours réalisé avant l’intervention. Pour leur part, les développements infectieux sont rares et, s’il se produisent, aisément pris en charge par un traitement antibiotique et des soins locaux comme des bains de bouche.
Le déplacement des fragments osseux constitue une complication importante mais reste un phénomène exceptionnel. Pour l’éviter et ne pas avoir à subir une intervention secondaire, il convient de suivre à la lettre les instructions post-opératoires fournies par le médecin, notamment en termes de reprise des activités physiques. Autre recommandation importante, la rééducation linguale doit être débutée le plus rapidement possible.
Ostéotomie mandibulaire avant - après : résultat
Le résultat final de l’intervention est normalement observable après 2 ou 3 mois. Il se traduit dès la sortie du bloc opératoire par une occlusion normalisée puis dans la majeure partie des cas par une nette amélioration de l’aspect esthétique et un amoindrissement très significatif des troubles fonctionnels qui existaient avant l’intervention.
L’ostéotomie mandibulaire : prix et prise en charge
Le chirurgien maxillo-facial spécialisé en orthognathique ne peut fournir un devis personnalisé qu’après examen clinique et radiographique. Muni de ce document, il est alors conseillé au patient de se mettre en rapport avec sa CPAM et sa mutuelle, pour connaître les modalités de remboursement. De façon générale, l’ostéotomie mandibulaire fait partie des actes bien couverts par l’Assurance Maladie, puisque les défauts esthétiques à corriger s’accompagnent le plus souvent de troubles fonctionnels.
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